POURQUOI L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLEDOIT ÊTRE ABROGÉE

Excellent éditorial dans La Tribune des Travailleurs du 26 octobre 2021, c’est à dire cette semaine !

Au risque d’être inconvenant, est-il permis d’écrire que rien n’est plus étranger à la démocratie que l’élection du président de la République au suffrage universel direct ? Et que rien n’est plus ridicule que ces « grands personnages » se pavanant sur les plateaux de télévision et dans les journaux, multipliant vidéos, tweets, blogs et autres messages sur Facebook pour nous convaincre de voter pour eux ?

Au fait, à part voter pour eux, qu’est-ce qui est en jeu ?
Sous la Ve République, le président concentre les pouvoirs entre ses mains. Une Assemblée nationale à sa botte exécute ce qu’il exige. Et si d’aventure elle renâcle, le président a tout pouvoir de passer par-dessus. Tout pouvoir… mais sous l’étroite surveillance d’institutions qui veillent aux intérêts de la classe capitaliste.

Derrière les changements de président, une classe sociale perpétue son pouvoir. Elle veille : ainsi, toute tentative de renationaliser les services publics privatisés, de rétablir les monopoles des chemins de fer, du gaz ou de l’électricité, d’interdire les licenciements ou de confisquer les milliards de la spéculation se heurtera à l’arsenal des lois, de la Constitution et de toutes les institutions réunies (Conseil constitutionnel, armée, police, justice) qui décréteront de telles mesures incompatibles avec l’essence même de la Ve République.

Alors, dissipons le brouillard des illusions et des faux nez. Ce sont des forces sociales qui gouvernent le pays. La Constitution n’en est que l’enveloppe. Sous cette enveloppe, quel que soit le gouvernement, s’exerce la dictature des intérêts capitalistes.
Quiconque est réellement partisan de la démocratie doit dire sa détermination à restituer le pouvoir au peuple, balayer cette Constitution, abroger cette parodie de République présidée par un roi sans couronne et convoquer immédiatement l’élection d’une Assemblée constituante.
Au lieu de quoi, les candidats de gauche (comme ceux de droite) égrènent leur chapelet de promesses en le faisant précéder de la formule rituelle : « Moi, président ». L’histoire des dernières décennies nous apprend pourtant que cette adaptation à la Ve République conduit toujours ceux qui la pratiquent à prendre en charge les politiques anti-ouvrières exigées par les capitalistes.
C’est pourquoi le premier pas pour établir la démocratie consiste à retirer le pouvoir des mains de la minorité d’exploiteurs pour le transférer dans celles du peuple travailleur, la majorité qui vit de son travail.

LE PREMIER PAS VERS LA DÉMOCRATIE, C’EST L’ABROGATION DE L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE AU SUFFRAGE UNIVERSEL ET L’OBLIGATION POUR LE PRÉSIDENT ÉLU DE REMETTRE SES POUVOIRS À L’ASSEMBLÉE CONSTITUANTE COMPOSÉE DES REPRÉSENTANTS DU PEUPLE ÉLUS, MANDATÉS ET RÉVOCABLES.
Alors, le pouvoir de s’engager sur la voie de la rupture sera entre les mains de ceux qui peuvent l’imposer : non pas un homme providentiel, mais la classe sociale qui, aujourd’hui exploitée, ouvrira demain une perspective d’émancipation pour la majorité.

Cela s’appelle la démocratie, dans sa forme et son contenu social étroitement imbriqués.

Lisez toutes ces informations dans La Tribune des Travailleurs.
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