LEÇONS DU PREMIER TOUR Il faut se préparer à un choc social sans précédent Une Assemblée constituante souveraine est plus que jamais d’actualité Jean−Michel Boulmé                    

J-M Boulme souhaite la libre admi nistration des communes - 2014

Je remercie les 121 électeurs de la cinquième circonscription de l’Ain qui m’ont apporté leur suffrage. Durant la campagne électorale que j’ai menée aussi activement que possible, j’ai pu constater à quel point nombre d’électeurs avec qui je discutais se désespéraient de ne pas savoir pour qui pouvoir voter (je suppose qu’ils voulaient dire « parmi les candidats susceptibles d’être élus, vu le système électoral et médiatique en place »).

Au vu du résultat de ce premier tour je ne peux que constater qu’à ce stade l’immense majorité de ceux-ci n’a pas jugé utile de voter pour un candidat porteur d’un programme lucide (celui du POID), mais n’ayant pas de chance d’être élu.

Une situation nouvelle s’est cristallisée. Le « dégagisme » à l’égard de tous les partis institutionnels s’est exprimé à ce stade sous la forme d’un séisme politique jamais vu à l’échelle nationale : sur 47 millions d’électeurs inscrits, 24 millions d’abstentions !

Face à ce refus massif et ultra majoritaire de cautionner sans exception tous ceux qui de droite ou de gauche ont appliqué la politique mise en œuvre par les gouvernements successifs depuis 1984, on ne trouve que 6,9 millions d’électeurs qui ont voté pour les candidats soutenus par Macron !

La campagne électorale lamentable telle qu’elle a été voulue et organisée, proche de la mascarade, n’a pas permis à nombre de ces électeurs-là eux même d’avoir une réelle visibilité sur le programme que Macron entend maintenant mettre en œuvre.

Parce qu’enfin :
– depuis quand les salariés sont-ils pour qu’on repousse leur retraite à 66 ans et qu’on finisse de casser le système par répartition qui, instauré en 1945 alors que la France était ruinée et détruite a pourtant permis immédiatement d’assurer des retraites à tous ?
– depuis quand sont-ils pour qu’on leur baisse leur salaire ?
– depuis quand sont-ils pour qu’on augmente la CSG ?
– depuis quand sont-ils pour qu’on achève la liquidation de la sécurité sociale de même que tous les acquis sociaux de 1945 ?
– depuis quand sont-ils pour la fermeture massive des hôpitaux et des services publics de proximité, y compris les communes ?
– depuis quand les salariés préfèrent-ils négocier directement avec leurs patrons plutôt qu’en s’appuyant sur la sécurité des accords de branche … qui peut imaginer qu’on ait « un code de la route spécifique à chaque rue » ?
– depuis quand les salariés sont-ils pour que les générations suivantes soient en totalité soumises à la précarité totale, à l’auto-entreprenariat, à l’Ubérisation et à la disparition de tout contrat de travail digne de ce nom ?

Et pourtant, alors qu’il a reçu les suffrages de moins de 7 millions d’électeurs sur 47 millions d’inscrits, les institutions bonapartistes de la 5ème République donnent à Macron, avec ou sans majorité écrasante de parlementaires, le pouvoir absolu d’en finir avec les communes & les départements, avec le droit à la santé, avec la sécurité sociale, et avec tout contrat de travail !

Le silence des urnes est d’autant plus assourdissant, au vu des conséquences désastreuses de cette situation politique pour la France besogneuse et pour l’immense majorité, qu’au même moment, sur le terrain des luttes sociales, le nombre de grèves bat tous les records.

Tout cela nous indique que l’abstention ultra majoritaire lors de ces élections législatives 2017, constitue rien moins qu’un séisme politique qui ne peut que produire en retour un choc social sans précédent auquel il faut se préparer.

Et, au cours de ce choc la question de convoquer l’élection d’une Assemblée Constituante souveraine pour sortir de la 5ème République sera plus que jamais posée.

Fait à Serrières-sur-Ain après mûre réflexion le 13 juin 2017

J-M Boulmé